Baby Queen: Quand angoisses adolescentes et Gen Z s’unissent

Vous n’avez peut-être pas encore entendu la musique de Baby Queen, mais cela va très bientôt changer alors tenez-vous prêts!

Originaire de Durban en Afrique du Sud, Bella Latham (a.k.a Baby Queen) trouve son échappatoire dans la musique à un très jeune âge quand sa mère lui offre une guitare et un piano, instruments qu’elle apprend progressivement ainsi que la basse, le ukulélé, le banjo et même un peu de batterie.  La jeune fille qui voulait devenir garde-chasse dans la nature africaine trouve rapidement un nouveau rêve : réussir dans l’industrie musicale. Grande fan de Taylor Swift, elle commence à composer et enregistrer ses propres chansons à l’âge de 13 ans. Son père l’aide à distribuer des démos à Cape Town jusqu’à ce qu’elle commence à les publier en ligne à 15 ans. Elle dit qu’elle avait l’habitude de chanter de la musique pop un peu ringarde avec un accent américain car “il n’y avait pas de musique pop à la radio où les gens chantaient avec un accent sud-africain.”

 

 

Afin de découvrir qui elle est vraiment, Bella déménage à Londres à 18 ans et s’inscrit à des cours de musique dans une université du nord de la ville et finit par rejoindre un groupe de rock. Elle commence à aller à pas mal de soirées dans le monde de la mode et partage l’univers des influenceurs Instagram dans lequel elle se sent complètement invisible et insignifiante. Elle retourne en Afrique du Sud pour un mois juste après s’être faite briser le coeur par son ex petite amie et quitte le groupe car elle se rend compte qu’elle s’était laissée distraire de son but premier.

Elle re-déménage ensuite de nouveau à Londres et commence à aller régulièrement en studio avec le producteur King Ed, au moins trois fois par semaine, pour écrire des chansons pop-alternatives satiriques à propos de ses expériences avant son départ et de la façon dont elles l’ont changée. « J’étais obsédée par ces identités qu’on cultive en ligne; la personne qu’on est au devant de la scène, et celle que l’on est derrière (backstage), qui on est vraiment et qui on prétend être. » Elle commence à écrire des chansons de guitare pop un peu baillantes sur la superficialité dont elle a été témoin, des chansons qu’elle caractérise de “violet clair”. C’est à cette période qu’elle décide de son nom de scène. « Je ressentais que cette personne, Baby Queen, était tout ce que j’avais toujours voulu être, » elle explique. « Beaucoup de ce que je dis [dans mes chansons] est totalement enfantin et immature, et naïf, mais aussi expérimenté, et plein de colère adolescente et Génération Z. J’étais comme, c’est bébé [baby]. Et c’est reine [queen]. Une fois que je m’étais donnée ce nom, le sentiment d’identité était écrasant. J’avais l’impression que maintenant je pouvais vraiment dire quelque chose ».  Bien que son son soit resté ancré dans la pop, son lyrisme lui devient plus complexe, inspiré d’artistes dont elle est devenue fan depuis son arrivée au Royaume-Uni tels que Little Simz, Kate Tempest and Matty Healy (The 1975), et sa musique peut désormais être qualifiée de soft grunge.

 

De toutes ces sessions d’écriture est alors né son premier single pour Polydor, “Internet Religion”, sorti le 29 mai 2020. C’est une satire pop qui déborde de miroitements de synthés psychédéliques, faisant écho à des coups de voix et des paroles qui touchent au plus profond la génération internet: “This is my internet obsession/ This is why the kids have got depression” (Ceci est mon obsession d’internet/ Ceci est la raison pour laquelle les gosses sont en dépression). Bella dit qu’elle a écrit cette chanson parce qu’elle déteste “la façon dont les réseaux sociaux affectent notre opinion de nous-mêmes. Je déteste qu’il soit si facile de contrôler son identité en ligne, et qu’on devienne si obsédé par la personne que l’on est en ligne et combien de gens aiment notre photo qu’on en a probablement plus grand chose à faire de quoi que ce soit d’autre« . Elle ajoute: “La chose la plus importante dans tout ça c’est que je ne sermonne pas, je m’ouvre moi-même, je ne suis pas différente des autres. Je fais partie du problème. C’est comme si je me mettais face à un miroir”.

Même si son projet est né de la satire, cela ne le rend pas moins personnel pour Baby Queen qui veut qu’il aide d’autres jeunes filles qui pourraient ressentir la même chose qu’elle. La meilleure façon qu’elle ait trouvé pour faire ça est de “satiriser les gens qui font que les enfants ont l’impression de n’être personne. Tous ces gens qui modifient leur apparence en ligne et dépeignent ces vies parfaites. C’est ce qui donne l’impression que l’on est rien. Et ce n’est pas la réalité. – J’étais quelqu’un quand j’avais 13 ans, j’étais quelqu’un quand je n’étais personne à une soirée de mode, et je suis tout autant quelqu’un aujourd’hui. Je veux faire de la musique à laquelle les gens se sentent si connectés qu’ils ont l’impression de ne pas avoir à changer.

 

 

La seconde chanson de son EP dont la sortie est prévue pour plus tard dans l’année s’appelle Buzzkill et est dispo dés aujourd’hui. Vous devriez très sincèrement la découvrir sur votre plateforme de streaming préférée – ou mieux encore, l’acheter! Vous pouvez retrouver Bella sur instagram sous @queenofthebabies.

 

Article écrit par Moïra Lilly.

 

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