Le mastermind derrière Tame Impala a encore frappé avec The Slow Rush

ALBUM REVIEW

The Slow Rush, trois mots qui nous permettent de deviner le thème du premier album de Tame Impala (Caroline) avant même d’en entendre les premières notes. Le temps. L’album tant attendu de Tame Impala (le premier depuis son prédécesseur Currents, sorti en 2015) traite d’une problématique propre à tous, c’est bon de savoir que Kevin Parker est autant préoccupé par le temps que la majorité d’entre nous. Le maestro australien de la production nous offre une entrée vers un univers funky, groovy disco et électro (oui, rien que ça!) Un saut dans l’inconnu, donc, pour cet australien qui s’éloigne de ses racines psyché rock.

On reste toujours abasourdi et épaté quand l’on pense au fait que Kevin Parker produise absolument tout du projet Tame Impala, en allant de l’écriture des paroles, de l’enregistrement, de l’interprétation jusqu’à la production. Un peu comparable, d’une certaine manière, à un scientifique psychédélique fou dans son laboratoire-studio à qui l’on doit des sons absolument fantastiques. 

Borderline, un des bijoux de l’album, concentre l’amertume douce des dancefloors de la fin des années 70 sur fond de piano électrique divinement accompagné de flutes de pan par dessous les vocaux spectrales de Kevin Parker. Sans oublier les lyrics à propos de comment Los Angeles serait -spoiler alert- le royaume de la célébrité, du sexe, de la drogue, des plaisirs slash douleurs et enfin de la remise en question. La version de Borderline présente dans l’album sorti ce 14 février est d’ailleurs différente de celle initialement sortie en 2019, en effet, Kevin Parker a tenu à y faire quelques transformations en rendant la ligne de basse plus proéminente. 

Lost In Yesterday quant à elle est la seule chanson de l’album qui n’a subit aucune retouche de la part de Parker et qui a été faite d’une traite. Elle fait partie de ces chansons qui vous mettent une claque de part leur perfection, il faut prendre un moment pour tout arrêter, s’asseoir et take it all in. 

Sur Posthumous Forgiveness, Parker aborde sa relation complexe avec son père, cette même relation à l’origine du backbeat de plusieurs de ses chansons. Posthumous Forgiveness concentre les mélodies vibrantes des années 60 que son père appréciait tant ; un combo qui résulte en une chanson d’amour ambivalente sur fond de basses nébuleuses et de synthés dramatiques. 

One More Year dont le titre même nous renvoie au thème de ce quatrième album : le passage du temps. Kevin Parker contemple avec émotion la longueur des 12 mois d’une année sur cette chanson à l’atmosphère deep funk.

Avec The Slow Rush, Kevin Parker s’adresse à l’ennemi éternel des perfectionnistes : le temps. Il lutte lui-même avec, considérant le fait que The Slow Rush voit le jour cinq années après Currents. L’album s’avère être une réelle introspection de la temporalité dans ce qu’elle a de plus imprévisible et nostalgique. Parker nous invite à saisir le moment présent et à prendre des risques avec notre futur car personne n’est éternel.

Kevin Parker est un véritable auteur qui a su se réinventer et légèrement transformer son style sans jamais modifier l’intégrité artistique de ses projets. Il est un artiste ayant façonné la pop music de façon à ce qu’elle match son incroyable vision. On peut dire sans trop s’avancer que ce quatrième opus ne fera qu’étendre l’audience de Tame Impala. 

La bonne nouvelle : il n’est même pas nécessaire d’agrémenter son thé de paillettes afin d’apprécier l’esprit créatif de Kevin Parker. 

PS : Tame Impala sera en tournée US / AU et CA au printemps 2020 et en tête d’affiche de All Points East en UK cet été. Plus d’infos ici.

 

Chansons Favorites: Borderline, Lost in Yesterday et Breathe Deeper.

Score général: 8/10

 

Ecrit par Lilia Chebelaine

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